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Le Grand Théâtre de Bordeaux

Le Grand Théâtre de Bordeaux est l’un de ces monuments devant lequel touristes et locaux s’arrêtent, et poussent parfois la porte pour une visite de quelques heures. Aventurieux vous dévoile les secrets qui se cachent derrière cette façade ô combien majestueuse. 

Un bâtiment maçonnique ?

Le Grand Théâtre de Bordeaux est le siège de l’Opéra de Bordeaux. Ce grand bâtiment à l’architecture très reconnaissable, est commandé par le Maréchal de Richelieu. Le projet est alors confié à l’architecte Victor Louis, qui lui attribue un style néo-classique, avec une influence de temple gréco-romain. Il faudra en revanche attendre le 7 avril 1780 pour fêter son inauguration en grandes pompes, lors de laquelle Athalie, la célèbre pièce de Racine, y fut jouée.

L’histoire et de nombreux documents nous poussent par ailleurs à croire que le bâtiment aurait un lien très fort avec la Franc-Maçonnerie. En effet, tous les acteurs de sa construction appartenaient à une loge maçonnique. (N’hésitez pas à consulter cet article pour comprendre cette organisation secrète) 

L’écrivaine et journaliste  Florence Mothe a longtemps étudié le sujet, et a réussi à analyser quelques symboles. Ils sont présents notamment dans le vestibule. Visiblement, les voûtes plates ornées de caissons à rosaces seraient un premier symbole, très présent dans l’univers graphique de la maçonnerie. C’est à dire que les cinq pétales de cette fleur stylisée se rapprochent du pentagone, considéré au sein de l’organisation comme « l’étoile flamboyante, qui figure la lumière d’Orient et le signe de ralliement des rosicruciens. » Un peu plus loin, dans cette même pièce, la statue de Victor Louis le représenterait avec la main droite sur le cœur, deux doigts cachés et trois apparents. Une position souvent utilisée par les Francs-Maçons.

Un escalier rempli de secrets

Cependant c’est dans le Grand Escalier que les symboles seraient les plus présents, selon les spécialistes. En effet, cet escalier serait en forme de Tau (le symbole égyptien constitué d’un T surmonté d’un cercle, symbolisant le soleil/la vie). Cette forme d’escalier atypique pour l’époque représenterait dans l’organisation secrète le Dieu omniprésent et ses 3 attributs : la force, la sagesse et l’harmonie. 

Ce qui est plutôt comique, c’est que cette forme d’escalier a par la suite inspiré de nombreux architectes totalement étrangers à l’univers maçonnique. Notamment celui de l’Opéra Garnier à Paris ! 

Dernier petit symbole visible : la frise de svastikas, présente sur les murs et la rampe de l’escalier. Vous savez les petits dessins qui ressemblent à des arabesques ?  Eh bien ce sont en réalité 4 équerres entrelacées. Dans l’univers maçonnique, l’équerre représente alors la réalité et le respect des lois. Heureusement que vous avez lu cet article hein ?!

Un hommage à l’antiquité

Cependant, il ne faut pas y voir que des symboles maçonniques ! Le Grand Théâtre de Bordeaux est un sublime hommage à l’antiquité. Vous le verrez donc à travers les 12 statues qui trônent au sommet de la devanture du Grand Théâtre. Pierre Berruer, et son assistant Van den Drix sont les créateurs de ces œuvres.

On y voit de gauche à droite : 

  • Euterpe, la muse de la musique. Vous la voyez avec sa flûte et une couronne de roses ? (croyez-nous sur parole, les roses sont assez difficile à distinguer…)
  • Uranie, la muse de l’astronomie, reconnaissable avec son compas à la main, la terre à ses pieds et une couronne d’étoiles (pas de doute, l’univers est bien représenté)
  • La célèbre Vénus, déesse de l’amour, à moitié nue (eh bien bravo ! c’est un peu olé olé par ici…). Elle tient 2 colombes dans ses mains (c’est beau l’amour…)
  • Calliope, muse de la poésie épique et de l’éloquence. Vous remarquerez ses livres et sa couronne de laurier (ça sent l’intelligence par ici)
  • Terpsichore, la muse de la danse. Elle est facilement reconnaissable avec son tambourin qui soulève sa jupe (re-bravo… ah ces sculpteurs et leurs muses…)
  • Melpomène, est la muse de la tragédie. Elle a donc un poignard et un sceptre à la main (ça sent effectivement la tragédie à plein nez…).
  • Thalie, la muse de la comédie, qui tient masque comique dans les mains (vous savez, on représente souvent le théâtre par un masque noir et un masque blanc. Eh bien c’est un masque comme ceux-là qu’elle tient)
  • Polymnie, la muse de la rhétorique. Elle tient un grand livre (à mon avis, cette muse devait avoir un sacré caractère… on aurait presque peur qu’elle nous balance son gros livre à travers la figure… Tous aux abris !)
  • Junon, la célèbre épouse de Jupiter, et déesse de la fécondité. Mais elle est aussi la déesse de la femme et du mariage (rien que ça…). Elle est accompagnée d’un paon, symbole de l’orgueil féminin et porte un diadème (oui oui… l’humilité chez les dieux vous savez…)
  • Minerve (Athéna chez les grecs), la célèbre déesse de la sagesse et de la guerre raisonnée. Elle est reconnaissable entre toutes avec son casque et son bouclier. Si vous avez 10/10 à chaque oeil, vous noterez la tête de Méduse dessinée sur le bouclier. (Oui parce que Persée, après avoir tué Méduse, confia sa tête à Athéna. S’pour ça…)
  • Erato, muse de la poésie lyrique (comprenez la poésie chantée… l’opéra quoi). Vous la reconnaîtrez à sa lyre à la main et sa couronne de roses et de myrte (oui on ne se mouche pas avec les doigts chez les muses…)
  • Et enfin Clio, la muse de l’histoire. Elle a en effet une trompette sous le bras (symbole de la renommée) et un livre sous l’autre bras (eh oui ça rappelle la célèbre phrase qui a bercé notre enfance “Ouvrez votre manuel d’histoire p.140” Ah… doux souvenirs…)

Enfin bref, on pourrait encore vous en dire beaucoup sur le Grand Théâtre de Bordeaux. Mais vous pourriez commencer à vous endormir sur l’article… Donc le mieux, c’est de poursuivre la découverte de ce bâtiment somptueux à travers une visite !

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