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Le rocher des curés

Dans notre périple à la découverte de l’Ardèche, nous avons appris l’existence d’un lieu très mystérieux. Les rochers des curés sont une curiosité que seuls les habitants du coin pourront vous indiquer. Aventurieux est allé jeter un oeil près de Chapias pour vous !

Vous avez sans doute déjà entendu parler de persécutions. Les guerres de religion ont souvent fait des ravages dans l’histoire. La France en a eu sa part, notamment en Ardèche, sous le Régime de la Terreur. 

La Révolution peu favorable aux prêtres catholiques

En novembre 1790, un décret a pour but d’engager les prêtres dans l’instauration de l’Assemblée nationale constituante. Plus grossièrement, les prêtres avaient un grand pouvoir d’influence à l’époque, notamment sur les populations des campagnes. Les révolutionnaires y ont vu un moyen de contrôler la population française. Le texte de ce serment est le suivant :

« Je jure de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse qui m’est confiée, d’être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par le roi. » 

Pour les prêtres qui ne jurent fidélité qu’à Dieu, la pilule est difficile à avaler. Ceux qui refusent de prêter serment sont qualifiés de prêtre réfractaire. Ils sont alors destitués. Mais un an plus tard, en 1791, la loi se durcit. Les prêtres qui refusent toujours de prêter allégeance au pouvoir en place sont activement recherchés. Des récompenses sont promises à quiconque dénoncera ces prêtres qui ne soutiennent pas la nouvelle Constitution. Bien-sûr, vous vous doutez bien que les captifs ne passent pas de douces vacances dans une cellule… 

C’est dans ce contexte que vit l’abbé Sévénier et son neveu (lui aussi prêtre) catégorisés prêtres réfractaires. Sa famille est une grande famille de la région de Chapias. Famille qui vit majoritairement du travail de la terre, et emploie par conséquent beaucoup de main d’oeuvre pour travailler dans les champs. 

Mais rester dans la maison familiale devient dangereux. L’abbé Sévénier et son neveu sont recherchés pour être fusillés par les soldats révolutionnaires. Les récompenses prévues pour les dénonciateurs sèment le doute. A quels ouvriers faut-il désormais se fier ?

Une planque particulière

Décision est prise : il faut désormais se cacher. L’abbé Sévénier connait bien les alentours de la maison. C’est là qu’il a grandi. Il connaît donc parfaitement les curieux rochers, en face de sa maison, que le temps a creusé. 

Ces rochers creusés permettaient à l’abbé de pouvoir s’abriter, tout en ayant une vue dégagée sur la maison familiale, au cas où. Certains villageois déposaient par ailleurs des denrées alimentaires dans les creux des rochers sans éveiller les soupçons. 

Un jour, alors qu’il faisait un temps très mauvais, l’abbé et son neveu se réfugient dans la maison familiale. Mais ils sont dénoncés par un berger. Les soldats révolutionnaires entrent alors dans la maison.

C’est Mme Sévénier qui aura la présence d’esprit de cacher les deux curés derrière un placard. Elle reverse un seau d’eau sale devant pour que les soldats ne s’en approchent pas de trop près. Les soldats passent alors leur baïonnette sous le meuble, sans pour autant se pencher à cause de la saleté. L’abbé et son neveu l’ont échappée belle. Ils savent que leur vie ne tient qu’à un fil, et retournent alors dans les fameux rochers creux.

Fin de partie…

Mais quelques temps plus tard, alors que l’abbé se dégourdit les jambes dans les bois, il tombe nez à nez avec des soldats révolutionnaires. Il est arrêté sur le champ le 28 septembre 1798 (en date révolutionnaire, ça donne le 7 vendémiaire de l’an 7. Ça fait toujours bien de placer ce genre d’infos en société…!)

Il est immédiatement transféré à Privas pour subir un interrogatoire. Puis il est escorté à Orange pour être jugé par le tribunal révolutionnaire et passer sur l’échafaud. Toutefois, l’époque de la terreur commence à s’estomper. Le procès de l’abbé Sévénier s’étend et finalement sa liberté devient possible à la condition de s’acquitter d’une caution de 1400 livres. En remerciement de cette liberté, les prêtres de la région érigèrent une chapelle à Chapias. 

D’ailleurs si vous allez dans le coin, n’hésitez pas à la visiter et vous cacher dans le rocher du curé. Nous, on l’a fait, et on tire notre chapeau au curés qui y ont vécu un bon moment… Parce que les petites bêtes et insectes sont devenus l’espace d’un instant nos colocataires… !

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